Il y a quelques mois, j’ai publié mon livre L’IA générative pour tous.
Je pensais que le plus dur serait de l’écrire.
Je me trompais.
Écrire, c’était la première étape. Ensuite, il a fallu le rendre visible. Le faire exister. Accepter de parler de soi, de se filmer, de s’asseoir derrière une table dans une librairie. Et changer d’avis, parfois.
Cet article, c’est le récit de cette aventure. Sans filtre. Ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, et ce que j’en retiens.
Pourquoi j’ai écrit ce livre
J’utilise l’IA tous les jours dans mon métier. ChatGPT, Claude, Copilot. Pour rédiger, analyser, préparer, décider plus vite.
Autour de moi, je voyais deux réactions.
Ceux qui s’y étaient mis, et qui ne reviendraient pour rien au monde en arrière.
Et tous les autres. Curieux, mais perdus. « Par où je commence ? » « C’est pas un truc de geek ? » « J’ai essayé une fois, ça m’a sorti n’importe quoi. »
C’est pour eux que j’ai écrit ce livre. Pas pour les experts. Pour tout le monde.
Pas de théorie. Des cas concrets. Et surtout des prompts prêts à l’emploi — plus de 150 — pour passer à l’action dès le lendemain. Je vous le présentais d’ailleurs au moment de sa sortie.
L’écriture : 19 versions et beaucoup de coupes
Le fichier final de mon manuscrit s’appelle v19.
Ça résume assez bien le processus.
La première version était trop longue. Trop technique aussi. Mon réflexe d’informaticien reprenait le dessus : expliquer comment ça marche, avant d’expliquer à quoi ça sert.
J’ai dû faire l’inverse. Partir du quotidien du lecteur. Un mail à écrire. Un document à résumer. Un voyage à préparer. Et seulement ensuite, montrer l’outil.
Chaque chapitre a été relu avec une seule question en tête : est-ce que ma voisine, qui n’a jamais ouvert ChatGPT, comprendrait ? Si la réponse était non, je réécrivais.
Eh oui, j’ai utilisé l’IA pendant l’écriture. Pour relire, reformuler, tester mes prompts. C’aurait été étrange de m’en priver dans un livre qui explique justement comment bien s’en servir. Mais le fond, les exemples, les convictions : ce sont les miens.
La première couverture : une erreur de débutant
Quand on s’autoédite sur Amazon, on fait tout soi-même. Y compris la couverture.
J’ai choisi une première couverture claire, dans les tons corail. Elle me plaisait. Elle était propre.
Le problème ? Je l’ai jugée comme on juge un objet posé sur une table. En grand. En entier.
Or sur Amazon, personne ne voit votre couverture en grand. On la voit en vignette. Quelques centimètres, au milieu de dizaines d’autres livres.
Et en vignette, elle disparaissait.
Promouvoir un livre : ce que personne ne vous dit
J’ai longtemps cru qu’un bon livre se vendait tout seul.
Non.
Un livre publié sur Amazon, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Si personne ne sait qu’il existe, il n’existe pas.
Alors j’ai tout essayé, étape par étape :
- Des posts LinkedIn réguliers, avec les liens en commentaire pour ne pas brider la portée.
- Une promotion gratuite sur Kindle. Quelques téléchargements… et aucune vente derrière. Leçon apprise : gratuit ne veut pas dire lu, ni recommandé.
- Une baisse de prix sur le broché et le Kindle.
- Des campagnes Amazon Ads, que j’ai ajustées semaine après semaine. Enchères, cibles, mots-clés.
Les publicités m’ont appris une chose précieuse. Pas sur mes enchères. Sur mon livre.
Mon taux de clic tournait autour de 0,1 %. Autrement dit : sur mille personnes qui voyaient mon livre, une seule cliquait.
Le problème n’était pas la pub. C’était la vitrine.
La séance de dédicace à Évian
Le 19 septembre, j’ai dédicacé mon livre à la librairie 47 Baker Street, à Évian-les-Bains.
Pour quelqu’un qui passe ses journées derrière des écrans et des projets informatiques, c’était un vrai changement de décor. Pas d’algorithme. Pas de statistiques. Juste une table, des livres, et l’espoir que des gens s’arrêtent.
Je me suis retrouvé assis à la terrasse de la librairie, à saluer les passants en espérant attirer du monde. Ça a été compliqué. Quelques curieux. Quelques ventes. Mais bien peu, à côté de l’énergie dépensée.
Ce que je retiens de ce genre de moment : les questions qu’on me pose en vrai sont exactement celles qui ont inspiré le livre. « Est-ce que c’est dangereux ? » « Est-ce que ça va remplacer mon travail ? » « Par où je commence ? »
Merci à l’équipe de 47 Baker Street pour son accueil. Soutenir un auteur local qui s’autoédite, ça n’a rien d’évident.

Les vidéos : YouTube, TikTok et une vraie remise en question
Je n’étais pas à l’aise face caméra. Je ne le suis toujours pas vraiment.
Ma première vidéo de présentation du livre, je l’ai tournée en extérieur, livre en main. Simple. Un peu maladroite. Mais sincère.
Ensuite, je me suis lancé sur TikTok, avec des vidéos courtes publiées aussi en Shorts sur YouTube. Face caméra, sans artifice. L’actualité de l’IA décryptée, mon avis de praticien.
Et là, surprise : ça marchait.
J’ai observé un lien direct entre mes vidéos et les ventes du livre. Une vidéo publiée, et souvent un livre vendu dans la foulée. Un jour, quatre exemplaires sont partis en une seule journée. À l’inverse, trois jours sans vidéo, et zéro vente.
C’est grisant. Et un peu piégeant.
Mais tellement d’énergie pour toutes ces vidéos… Je me disais : « Allez, fais une vidéo, ça fera connaître le livre. »
Sauf que quand on connaît la marge qui revient finalement à l’auteur sur chaque livre, la question finit par tomber : est-ce que ça vaut vraiment le coup ?
J’ai hésité à abandonner.
Finalement, je continue. Mais autrement. Je n’investis plus des heures dans le montage. Je filme au naturel, dès que j’ai quelque chose d’utile à partager.
Et ce n’est plus lié au livre. Bien sûr, j’ai toujours envie de vendre mes livres. Mais aujourd’hui, je partage parce que ça me passionne.
C’est le passionné qui partage. Plus le professionnel qui espérait faire sa communication autour d’un livre.
La nouvelle couverture : écouter les chiffres, pas son ego
En août, je m’étais dit : « Je ne touche pas au livre. Il a trois mois. C’est trop tôt. »
En septembre, les chiffres m’ont fait changer d’avis.
Ce taux de clic de 0,1 % ne bougeait pas. La couverture était le premier suspect.
Alors j’ai testé plusieurs concepts. Et surtout, je les ai comparés en taille vignette, comme sur une page de résultats Amazon. C’est là que tout s’est joué.
Le choix final : un fond bleu nuit, une sphère corail lumineuse, un titre blanc bien lisible, et le mot « générative » en corail. Un badge « 150+ prompts » pour dire en un coup d’œil ce que contient le livre.
Plus contrastée. Plus moderne. Plus lisible en petit.
Même livre, même contenu, même page Amazon — les avis et le classement sont conservés. Seul l’habit change.
La leçon : une couverture n’est pas faite pour plaire à son auteur. Elle est faite pour être vue.

Ce que je retiens de cette aventure
Si vous envisagez d’écrire un livre, voici ce que j’aurais aimé savoir avant :
- Écrire, c’est 30 % du travail. Le reste, c’est le faire connaître.
- Pensez vignette dès le premier jour. Votre couverture sera vue en petit, testez-la en petit.
- Les chiffres ne mentent pas. Taux de clic, ventes, pages lues : ils disent ce que votre ego refuse d’entendre.
- Le gratuit n’est pas une stratégie. Il ne crée ni lecteurs ni avis à lui seul.
- Le terrain, c’est précieux mais exigeant. Une dédicace ne se remplit pas toute seule. Elle se prépare, comme tout le reste.
- Partagez par passion, pas par calcul. C’est plus durable. Et ça se sent.
- Changer d’avis n’est pas une faiblesse. C’est de l’apprentissage.
Et maintenant ?
L’aventure continue. Je compte refaire des séances de dédicace. Continuer les vidéos, au naturel. Et intervenir dans des conférences sur l’IA.
Vous organisez un événement, une conférence ou un atelier sur l’IA ? Écrivez-moi, j’en parle avec plaisir.
En attendant, j’ai un service à vous demander.
Si vous avez lu L’IA générative pour tous, laissez un avis sur Amazon. Même deux lignes. C’est, de loin, ce qui aide le plus un auteur indépendant à être découvert par de nouveaux lecteurs.
Et si vous ne l’avez pas encore lu :
Lisez-le en quelques heures. Appliquez-le dès le lendemain.
Et vous, quel est votre premier réflexe quand vous ouvrez un outil d’IA ? Dites-le-moi en commentaire, je lis tout.
Sylvain Jacquemard est Responsable des Systèmes d’Information et expert en IA générative, avec plus de 25 ans d’expérience en informatique et en conseil. Il accompagne les TPE et PME dans l’adoption de l’IA et de Microsoft 365 Copilot via Jacquemard Consulting. Il est l’auteur de « L’IA générative pour tous » et de « Microsoft Copilot pour les freelances ».

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